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Le Repas des Fauves

  • Auteur : Vahé Katcha
  • Adaptation : Julien Sibre
  • Mise en scène : Alexis Rocamora
  • Production : Les 7 de la cité

On est en pleine période de l’occupation dans une ville française.

Sept amis sont réunis autour d’un dîner pour fêter l’anniversaire de Sophie. Malgré le rationnement, ils ont trouvé de quoi le faire dignement.

Soudain, on entend des coups de feu dans la rue. Deux officiers allemands sont tués. L’atmosphère amicale va rapidement changer de ton….

On pense à tous ces textes nés des traumatismes de la guerre (L’Atelier de Jean-Claude Grumberg, Marie Octobre porté à l’écran par la délicieuse Danielle Darrieux, Morts sans sépulture de Jean-Paul Sartre, Les Justes de Camus et tant d’autres…)

L’écriture est sans nul doute une thérapie : par le rire, la dérision, la distance, les auteurs peignent des personnages confrontés à des situations douloureuses qui tentent d’échapper au désespoir par un certain humour ; les auteurs tragiques sont drôles pour oublier le malheur. Ils ont le même besoin de raconter mais une nouvelle façon d’écrire, l’humour est un voile de légèreté posé sur un passé tragique.

On trouve dans Le Repas des fauves une galerie de personnages qui permet de percevoir l’occupation sous différents prismes : le Docteur et la collaboration politique, André et l’opportunisme, Françoise et la résistance, Sophie et la légèreté malgré tout, Victor le passif, Pierre le militaire blessé, Vincent le philosophe observateur, Kaubach et l’incarnation de l’oppression nazie.

Les 7 de la Cité ont choisi une pièce saisissante, cynique et troublante mais non dénuée d’humour, où les personnages n’ont finalement pas besoin des allemands pour s‘entre-tuer ; Ce Repas des fauves, qui a connu un triomphe en 2011, remportant le Molière du meilleur spectacle du théâtre privé, met chacun de nous au cœur du conflit le plus redoutable qui puisse nous arriver.

Malgré la menace constante, on rit souvent, peut-être nerveusement tant ces personnages nous ressemblent et nous poussent malgré nous à nous poser la plus essentielle des questions : qu’aurions-nous fait ?